21 juillet 2014

L’Institut canadien du sucre appuie l’initiative de modernisation de l’étiquetage des aliments visant à donner aux consommateurs des étiquettes contenant des renseignements précis, ainsi que l’objectif de Santé Canada de s’assurer que l’étiquetage nutritionnel soit basé sur des renseignements scientifiques récents et les habitudes de consommation.

Il est essentiel que l’information sur l’étiquette alimentaire soit basée sur la science et présentée de façon à que les consommateurs puissent la lire et la comprendre. Pour ce qui est des sucres, l’Institut canadien du sucre va examiner les changements proposés, y compris l’étiquetage du sucre dans la liste d’ingrédients et le tableau de la valeur nutritive (TVN), et répondra à la consultation technique. Nous faisons les commentaires généraux ci‑dessous.

  • Le format pour les glucides/sucres totaux/sucres ajoutés dans le tableau de la valeur nutritive est complexe et ne permettra peut-être pas d’atteindre les objectifs d’améliorer l’accès aux renseignements précis et de simplifier la compréhension de la part des consommateurs.
  • Comme l’a dit Santé Canada, mettre « les sucres ajoutés » dans la TVN « peut soutenir l’idée fausse que les sucres ajoutés en soi sont nutritionnellement différents des sucres d’origine naturelle » et « entraîneraient des difficultés d’application de la loi étant donné qu’il n’y a pas de méthode analytique pour distinguer les sucres ajoutés des sucres totaux »1. Tous les sucres et glucides donnent 4 calories par gramme (16 calories par cuillère à thé). Pendant la digestion, les glucides, y compris les sucres et féculents, se décomposent en sucres simples (glucose, fructose et galactose). Que les sucres soient à l’état naturel ou qu’ils soient ajoutés aux aliments, ces sucres réagissent de la même façon dans le corps.
  • Comme recommandé par les consommateurs, l’étiquette devrait « avoir une liste d’ingrédients claire et spécifiée ainsi que des termes uniformisés pour les ingrédients ». Le « sucre » est du saccharose pur, le sucre obtenu de la canne à sucre et de la betterave à sucre, et est un terme uniformisé en vertu du Règlement sur les aliments et drogues (le sucre doit renfermer au moins 99,8 % de saccharose)2.

Les changements suggérés pour améliorer les renseignements sur le sucre sur les étiquettes d’aliment reflètent les intérêts des consommateurs à ce sujet. Malheureusement, cette approche peut perpétuer l’idée fausse que les sucres sont la seule chose qui contribue au surpoids et à l’obésité comparé à d’autres macronutriments. Les preuves scientifiques ne sont pas suffisantes pour établir des limites quantitatives de sucres totaux et ajoutés en relation avec ce problème de santé publique. C’est l’excès de calories consommées plutôt que la source des calories qui entraîne le gain de poids3.

L’OMS a dernièrement suggéré un projet de lignes directrices pour que les sucres libres représentent 10 % des calories en se basant sur les preuves considérées comme « moyennes » en relation aux caries (pas l’obésité). La consommation canadienne moyenne de sucres ajoutés est évaluée à environ 11 % des calories4, ce qui est très proche du projet de lignes directrices de l’OMS.

 

Références

1.http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/alt_formats/pdf/consult/2014-core-nutrients-principaux-nutriments/document-consultation-fra.pdf

2. Food and Drug Regulation. Division 18. B.18.001.

3. Langlois K, Garriguet D, Findlay L. Diet composition and obesity among Canadian adults. Statistics Canada Health Reports. 2009. No.82-003-X.

4. Brisbois TD, Marsden SL, Anderson GH, Sievenpiper JL. Estimated intakes and sources of total and added sugars in the Canadian diet. Nutrients. 2014 May 8;6(5):1899-912. doi: 10.3390/nu6051899.