*Le contenu a été examiné par le Dr Donna Vine (Science de l'agriculture, de l'alimentation et de la nutrition, Université d'Alberta).

La stéatose hépatique non alcoolique (SHNA) est un terme générique décrivant une gamme de maladies hépatiques progressives.

  • Diagnostic de la SHNA. La SHNA est diagnostiquée à l’aide de tests sanguins, d’imagerie, ou dans certains cas en prélevant une biopsie du foie. On pose également un certain nombre de questions aux patients au sujet de leur style de vie/régime alimentaire pour déterminer s’ils présentent un risque.
  • Facteurs de risque. L’obésité, en particulier l’obésité centrale ou abdominale, est le facteur de risque le plus répandu de la SHNA.
  • Traitement et prévention. Le traitement principal et les recommandations de prévention contre la SHNA consistent en une réduction de la masse corporelle, si la personne est obèse ou en surpoids, en plus d’habitudes alimentaires saines durables et une augmentation de l’activité physique.
  • Les sucres et la SHNA. Les recherches actuelles indiquent que les preuves sont insuffisantes pour déterminer le rôle de l’excès de sucre ou fructose alimentaire dans le développement de la SHNA. Elles indiquent en outre que la consommation excessive de calories, et non le sucre ou le fructose en particulier, influence le risque de SHNA. Pour comprendre le rôle des sucres dans le développement de la SHNA, des essais cliniques randomisés de haute qualité qui comprennent des régimes énergétiques équilibrés sont nécessaires.

Diagnostic de la SHNA 

La SHNA peut être diagnostiquée à l’aide de tests sanguins, d’imagerie ou d’une biopsie hépatique (1). Le médecin évalue les antécédents médicaux, familiaux et ceux relatifs au mode de vie/régime alimentaire. À la suite de cela, des analyses de sang peuvent être effectuées pour détecter les enzymes hépatiques. Par exemple, lorsque les cellules du foie sont endommagées, certaines des enzymes que l’on trouve normalement dans le foie pourraient s’écouler dans le sang. Les deux enzymes les plus répandues pour la mesure sont l’alanine aminotransférase et l’aspartate aminotransférase. Si les tests sanguins ne sont pas concluants, une imagerie du foie (échographie, tomographie informatisée, imagerie par résonance magnétique) peut être décidée.

Les stéatoses hépatiques sont diagnostiquées lorsque le volume de graisses dans le foie est au moins 5 % plus important et que la consommation d’alcool se situe au-delà des niveaux recommandés.

La SHNA regroupe différentes maladies et stades de maladies du foie, de l’accumulation de graisses, aux inflammations, en passant par les lésions et la scarification des tissus hépatiques, dans le cas des stéatohépatites non alcooliques (1). La maladie progresse habituellement par étapes sur des dizaines d’années et il existe de nombreux facteurs possibles pouvant affecter la progression de la maladie, y compris des facteurs génétiques et environnementaux.

NAFLD encompasses several different liver diseases and stages of liver disease, from simple steatosis to cirrhosis.

Facteurs de risque du développement de la SHNA

Le développement de la SHNA dépend d’une variété de facteurs. Certains peuvent être modifiés en changeant de style de vie, tandis que d’autres ne le peuvent pas. Le tableau ci-dessous résume les facteurs de risque associés à la SHNA (1, 2). L’obésité est le facteur de risque le plus répandu, mais toutes les personnes atteintes de SHNA ne sont pas nécessairement obèses (1, 2).

Facteurs de risque non modifiables Facteurs de risque modifables

Âge

Sexe de l'homme

Ethnicité

Facteurs génétiques

Syndrome de Stein-Leventhal

Diabète de type 2

Dyslipidémie

Hypertension

Obésité

Syndrome métabolique 

Privation alimentaire

Malnutrition protéinique

Perte de poids rapide

Traitement et prévention de la SHNA

Il n’existe actuellement aucun médicament approuvé permettant de traiter la SHNA. Au lieu de cela, la stratégie de traitement principale repose sur des modifications durables du régime alimentaire et du style de vie pour réduire la quantité de graisses dans le foie et perdre du poids si nécessaire (2). La modification des habitudes de vie comprend des habitudes alimentaires saines ainsi qu’une augmentation de l’activité physique de manière générale. Un mode de vie sain est également préconisé pour prévenir la SHNA.

Selon la Fondation canadienne du foie (1), les recommandations alimentaires peuvent comprendre :

  • L’augmentation de la consommation de fibres
  • La consommation limitée de graisses saturées
  • La consommation limitée de sucres
  • La consommation limitée d’aliments frits
  • Éviter la consommation d’alcool

Les études actuelles suggèrent qu’une perte de poids durable et la restriction calorique sont plus importantes que le rôle des polynutriments dans le régime (2).

Les sucres et la SHNA

Certaines recherches proposent que les sucres alimentaires, et particulièrement le fructose, jouent un rôle unique dans le développement et la progression de la SHNA. On pense que le fructose augmente le risque de SHNA chez un individu à cause de la différence avec laquelle il est métabolisé par le corps par rapport au glucose. Le fructose peut contribuer à des voies métaboliques qui pourraient entraîner une augmentation de la quantité de graisses produites (synthétisées) dans le foie. Le fructose peut aussi déclencher des inflammations hépatiques qui provoquent l’accumulation de graisses et des lésions hépatiques (3).

Il n’est cependant pas clair si ces processus se produisent à cause de la consommation spécifique de fructose provenant des aliments, indépendamment de l’apport énergétique alimentaire. Un apport calorique excessif peut entraîner un risque accru de surpoids, en particulier une obésité centrale ou abdominale.

En évaluant les recherches scientifiques, il importe de prendre en compte la hiérarchie de la preuve scientifique. Des essais cliniques bien menés focalisés sur la santé du foie peuvent aider à déterminer l’effet du fructose sur le développement ou la progression de la SHNA. Ces études utilisent généralement les niveaux d’enzymes hépatiques et la teneur en graisses du foie comme indicateurs de la SHNA.

Plusieurs examens systématiques et méta-analyses récents évaluant la totalité des recherches disponibles ont permis d’analyser la documentation existante. Les résultats sont les suivants :

  • Les interventions diététiques avec les sucres ont indiqué que les personnes consommant des calories supplémentaires issues des sucres ajoutés au régime alimentaire présentaient une augmentation de la teneur en graisses du foie par rapport aux personnes en état d’équilibre énergétique (4). Il n’y avait pas de différence significative dans les essais avec différents sucres ajoutés (c. à d. glucose, fructose, sucrose, ou sirop de maïs riche en fructose), mais ces données étaient limitées.
  • Les interventions diététiques avec du fructose ont indiqué que les personnes consommant des calories supplémentaires issues du fructose ajouté au régime alimentaire à une forte dose présentaient une augmentation de la teneur en graisses et des enzymes hépatiques (5). Lorsque le fructose était remplacé par d’autres sources de glucides (glucose, sucrose, ou féculents), offrant la même quantité de calories totales dans le régime, le fructose n’avait pas d’effet indépendant. Cela suggère que l’effet du fructose n’est pas différent d’un excès de calories issu d’autres glucides dans le régime alimentaire (5).
  • Un autre examen systématique et une autre méta-analyse ont conclu que les preuves permettant de déterminer l’effet du fructose, du sirop de maïs riche en fructose et/ou du sucrose dans le développement de la SHNA étaient insuffisantes (6).

Il n’existe actuellement aucune preuve concluante permettant de suggérer que le sucre ou le fructose contribuent particulièrement au risque de développement de la SHNA. À ce jour, les résultats suggèrent que c’est l’apport excessif de calories, et non le fructose en particulier, qui influence le risque de SHNA. Le sucre et le fructose peuvent se trouver dans des aliments plus riches en calories qui pourraient être liés à un risque accru d’obésité, lui-même lié à un risque plus élevé de développement de la SHNA.

Ces examens scientifiques reconnaissent que des études de haute qualité dans le domaine sont rares à cause de certaines limites, comme la conception de l’étude et l’intervention diététique, y compris le contrôle de l’apport énergétique, le risque de partialité élevé, la mesure des biomarqueurs de la SHNA ainsi que la durée des études courtes (4-6). Il est également reconnu que la mise à l’écart de nutriments uniques comme le sucre, le glucose ou le fructose pour avoir un effet de causalité dans le développement d’un problème de santé est extrêmement difficile. Les scientifiques suggèrent que plus d’essais de haute qualité avec des interventions énergétiques équilibrées sont nécessaires.

Pour plus d’informations, veuillez consulter :

Références

  1. Fondation canadienne du foie. Stéatose hépatique.
  2. Chalasani N et al. The diagnosis and management of nonalcoholic fatty liver disease: Practice guidance from the American Association for the Study of Liver Diseases. Hepatology. 2018;67(1):328-357.
  3. Jegatheesan P et al. Fructose and NAFLD: The Multifaceted Aspects of Fructose Metabolism. Nutrients. 2017;9(3):10.3390/nu9030230.
  4. Ma J et al. Potential link between excess added sugar intake and ectopic fat: a systematic review of randomized controlled trials. Nutr Rev. 2016;74(1)18-32.
  5. Chiu S et al. Effect of fructose on markers of non-alcoholic fatty liver disease (NAFLD): a systematic review and meta-analysis of controlled feeding trials. Eur J Clin Nutr. 2014;68(4):416-423.
  6. Chung M et al. Fructose, high-fructose corn syrup, sucrose, and nonalcoholic fatty liver disease or indexes of liver health: a systematic review and meta-analysis. Am J Clin Nutr. 2014;100(3):833-849.