La quantité de sucres consommée par les Canadiens inquiète. Il est important de se pencher sur les sources des données canadiennes concernant la consommation actuelle.

  • Consommation totale estimée de sucres ajoutés et des sucres – donnés provenant de l’Étude sur la nutrition. Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes sur l’apport alimentaire (ESCC) de 2004, la consommation de sucres totaux au Canada est de 110 grammes par jour, ce qui équivaut à 21 % de l’apport énergétique total quotidien. On estime la consommation de sucres ajoutés au Canada à 51 grammes/jour en 2004, ce qui équivaut à 11 % de l’apport énergétique total quotidien.
  • Tendances sur la disponibilité des sucres ajoutés sur le marché canadien. Les données sur la disponibilité de Statistique Canada indiquent que la quantité de sucres ajoutés offerte sur le marché décline depuis les 30 dernières années. Lorsqu’elles seront publiées, les données sur les sucres de l’ECSS de 2015 permettront d’avoir une estimation des changements de consommation depuis 2004.
  • Comparaison de la consommation de sucres au Canada par rapport aux É.-U. La quantité de sucres ajoutés disponible au Canada est inférieure d’environ un tiers par rapport à celle disponible aux É.-U.

Consommation totale estimée de sucres ajoutés et de sucres - données provenant de l'Étude sur la nutrition

L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2004 renferme les données de l’Étude sur la nutrition récemment publiées, ainsi qu’une observation objective de la consommation alimentaire basée sur une collection d’enquêtes autodéclarées portant sur la nutrition qui ont été menées auprès de 35 000 Canadiens. Les données de l’ECSS démontrent qu’en 2004, les Canadiens consommaient environ 110 g de sucres totaux par jour, ce qui équivaut à 21 % de leur apport énergétique total quotidien. Cela comprend tous les sucres naturels présents dans les fruits, les légumes et les produits laitiers ainsi que tous les sucres ajoutés dans les boissons et les aliments (1).

Les sucres ajoutés ne peuvent être chimiquement différenciés des sucres naturels dans les aliments contenant ces deux sources de sucre. Par conséquent, l’ECSS ne peut rapporter la consommation réelle de sucres ajoutés. Bien que l’ECSS ne puisse pas fournir une mesure directe de la consommation de sucres ajoutés, on peut grossièrement estimer cette dernière sur base des sources alimentaires qui contribuent à l’apport de sucres dans les régimes canadiens. Une analyse de la distribution des sucres naturels et ajoutés dans les sources d’alimentation principales suggère que les sucres ajoutés représentent environ la moitié de la consommation totale de sucres (environ 51 g par jour ou 11 % de l’énergie journalière). La consommation moyenne varie de 9,9 % d’énergie chez les adultes âgés d’au moins 19 ans à 14,1 % chez les adolescents âgés de 9 à 18 ans (Tableau 1) (2). La consommation moyenne ne tient toutefois pas compte de la variation de la consommation entre individus. Malheureusement, les données concernant les caractéristiques des personnes consommant des niveaux plus élevés de sucres ajoutés ne sont pas encore disponibles.

Tableau 1: Consommation estimée de sucres au Canada en 2004
  Sucres totaux Sucres ajoutés
Tous âges confondus 21% 11%
De 1 à 8 ans 27% 10%
De 9 à 18 ans  25% 14%
19 ans et plus  20% 10%
% de l'apport énergétique total
Tranches d'âge

 

Tendances sur la disponibilité des sucres ajoutés sur le marché canadien 

Lorsqu’elles seront publiées, les données sur les sucres de l’ECSS de 2015 permettront d’avoir une estimation des changements de consommation depuis 2004. Jusqu’à cette date, nous pouvons prendre en compte les données de Statistique Canada concernant la disponibilité des aliments, qui sont rendues publiques chaque année. Les données sur la disponibilité des sucres représentent la quantité de sucres ajoutés disponible sur le marché. Elles peuvent être utilisées comme une approximation pour observer les tendances concernant la consommation individuelle de sucres au Canada (3).

Bien que de nombreux articles suggèrent que la consommation de sucres ajoutés au Canada augmente, les données de Statistique Canada indiquent une diminution de la disponibilité des sucres depuis les 20 dernières années. Cela signifie que la quantité de sucres ajoutés proposée à la vente diminue. Cela implique également une diminution similaire de la tendance relative à la consommation de sucres au Canada.


Tableau 2: Estimation de la consommation de sucres ajoutés au Canada sucres ajoutés g./jour
Disponibilité ajustée pour tenir compte des pertes (grammes/personne/jour)
1984 78.1
1985 80.0
1986 80.5
1987 82.8
1988 78.4
1989 72.7
1990 74.1
1991 72.9
1992 75.5
1993 77.3
1994 79.7
1995 76.4
1996 77.1
1997 77.1
1998 73.6
1999 74.0
2000 74.2
2001 74.3
2002 74.2
2003 73.7
2004 72.9
2005 70.0
2006 66.7
2007 63.9
2008 64.3
2009 65.7
2010 62.2
2011 62.9
2012 60.3
2013 61.9
2014 61.2
2015 59.6
2016 58.7
2017 58.5

Data source: Statistics Canada, CANSIM. Adjusted for waste using updated USDA Loss-Adjusted Food Availability  (http://www.ers.usda.gov/data-products/food-availability-(per-capita)-data-system/.aspx#26705) . Includes refined sugar, maple sugar, honey and sugars in soft drinks. Note: Variability in sugars and syrups reflects substitution with high fructose corn syrup in soft drinks so total sugars, syrups and soft drinks is an overestimate in some years. Sugars in soft drinks is an overestimate as soft drink data includes non-caloric soft drinks.

Comparaison de la consommation de sucres au Canada par rapport aux É.U.

Tableau 3: Tendance dans la consommation de sucres ajoutés au Canada et aux É.-U. (1994-2016) Canada États-Unis
Disponibilité ajustée pour tenir compte des pertes (grammes/personne/jour)
1994 79.7 103.4
1995 76.4 105.4
1996 77.1 105.9
1997 77.1 108.5
1998 73.6 109.2
1999 74.0 110.9
2000 74.2 109.0
2001 74.3 107.7
2002 74.0 107.0
2003 73.7 103.5
2004 72.9 103.7
2005 70.0 104.0
2006 66.7 101.5
2007 63.9 99.0
2008 64.3 99.2
2009 65.7 95.3
2010 62.2 96.3
2011 62.9 94.8
2012 60.3 94.7
2013 61.9 93.9
2014 61.2 94.7
2015 59.6 94.6
2016 58.7 92.5

Source des données : Statistique Canada, CANSIM. Données ajustées pour tenir compte des pertes en utilisant le USDA Loss-Adjusted Food Availability /  « Disponibilité des aliments ajustée en fonction des pertes ». États-Unis, édulcorants caloriques : disponibilité par personne ajustée pour tenir compte des pertes.

Les articles dans les médias citent souvent les statistiques américaines relatives à la consommation de sucres. Cependant, nos habitudes alimentaires sont souvent différentes par rapport à celles de nos voisins, y compris pour ce qui est de la consommation de sucres. Les comparaisons provenant des enquêtes sur la consommation de 2004 indiquent que les Canadiens mangent et boivent moins de sucres provenant des aliments et des boissons que les Américains — environ 1/3 de moins (2, 4). Une grande partie de cette différence s’explique par le fait qu’au Canada la consommation de boissons gazeuses est moitié moindre que celle aux É.-U. (4).     

Comparaison de la consommation canadienne et américanie

Canada É.-U.
Moyenne de la population par personne par jour (sucres ajoutés estimés)

(ECSS 2004)

(NHANES 2003-04)

Nombres total de calories

2,073 calories 2,195 calories

Quantité totale de sucres (grammes) - sucres naturels et ajoutés

110 g 133 g

Sucres ajoutés (grammes)*

55 g 88 g

Sucres ajoutés (calories)

220 calories 352 calories

Sucres ajoutés (% de calories)

10.7% 15.9%
*Estimations sucres ajoutés

Pour plus d'informations, les ressources supplémentaires incluent :

Recent news items include: 

Références

  1. Langlois K, Garriguet D. Sugar consumption among Canadians of all ages. Statistics Canada Health Reports. September 2011.
  2. Brisbois TD, et al. Estimated intakes and sources of total and added sugars in the Canadian diet. Nutrients 2014;6(5):1899-1912. 
  3. Statistics Canada CANSIM Table 002-0011. Food Available in Canada. 
  4. Welsh JA, Sharma AJ, Grellinger L, Vos MB. Consumption of added sugars is decreasing in the United States. Am J Clin Nutr. 2011;94:726-734.