31 juillet 2008

TORONTO – La conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a échoué cette semaine à cause des différences entre les pays développés et ceux en développement sur la libéralisation du commerce agricole. Les pourparlers comprenaient les ministres de l’agriculture et du commerce de plus de 30 pays qui voulaient négocier une entente afin de diminuer les subventions locales et les obstacles au commerce international.

La présidente de l’Institut canadien du sucre (ICS), Sandra Marsden, qui s’était rendue à Genève la semaine dernière pour les pourparlers, est déçue des résultats. « L’échec des négociations représente un recul important pour l’industrie du sucre au Canada, a déclaré Mme Marsden. Les propositions avaient la possibilité de se traduire par des avantages certains pour le sucre canadien, en diminuant les subventions étrangères et en créant de nouveaux marchés d’exportation aux États-Unis et dans d’autres pays. »

Sans une entente du Cycle de Doha, les politiques qui causent les distorsions les plus importantes dans le marché mondial du sucre continueront.

  • Les restrictions à l’accès du marché du sucre ne seront pas réduites.

    • Les États-Unis et l’Union européenne ne seront pas forcés d’ouvrir leurs marchés ni de diminuer leurs tarifs. À la suite de l’adoption du Farm Bill aux États-Unis, l’accès au marché américain sera pire qu’avant pour les producteurs de sucre canadiens.

  • Il n’y aura pas de diminution des subventions locales ni des soutiens accordés aux prix pour les producteurs de sucre aux États-Unis, en Europe et dans d’autres pays.

    • De plus, le soutien des prix des producteurs américains augmentera au cours des cinq prochaines années comme prévu dans le Farm Bill.

  • L’Union européenne continue de pouvoir utiliser les subventions à l’exportation pour éliminer le surplus de sa production à des prix artificiellement bas.

En l’absence d’une libéralisation multilatérale significative, les producteurs de sucre raffiné du Canada restent limités à leur propre marché tout en faisant face à une concurrence plus grande au niveau des importations. Les accords bilatéraux entre le Canada et les producteurs de sucre ayant des surplus comme la Colombie et le Guatemala, ne viendront qu’empirer la menace pour l’industrie canadienne, sans pour autant lui donner de nouveaux débouchés.

Les ententes multilatérales sont la meilleure façon de réduire les distorsions dans le marché du sucre à l’échelle mondiale. L’Institut canadien du sucre continuera de travailler avec la Global Sugar Alliance et l’Alliance canadienne du commerce agro-alimentaire pour favoriser une entente au niveau de l’OMC, en vue de diminuer les subventions et les obstacles commerciaux en donnant un accès tangible au marché pour les producteurs de sucre canadiens.