05 mai 2016

Sandra Marsden, présidente de l’Institut canadien du sucre

L’institut canadien du sucre représente les producteurs canadiens de sucre raffiné (Lantic Inc. et Redpath Sugar Ltd.) pour les affaires ayant trait à la nutrition et au commerce international. L’industrie dispose de trois raffineries de sucre de canne à Vancouver, Toronto et à Montréal ainsi qu’une usine de traitement de la betterave sucrière à Taber en Alberta. L’industrie a également accru sa valeur par le biais d’investissements en Ontario dans deux autres installations de traitement destinées aux produits contenant du sucre, comme le thé glacé sucré, les mélanges pour boissons, le chocolat chaud et les desserts à base de gélatine pour le marché intérieur et celui destiné à l’exportation.

Que le sucre raffiné au Canada provienne du sucre de canne ou des betteraves sucrières, sa production est une véritable histoire canadienne. L’origine de l’industrie du raffinage remonte à 200 ans et fait partie intégrante de l’histoire du Canada et du développement d’une industrie agroalimentaire florissante.

Des 1,1 à 1,2 million de tonnes de sucre raffiné produites au Canada, environ 90 % provient du sucre de canne raffiné et 10 % de la betterave sucrière. La production et le traitement de la betterave sucrière demeurent compétitifs au pays, sur le marché des pairies, et ils tirent avantage d’un accès à l’exportation préférentiel vers les É. –U. et vers les autres marchés, où les règles d’origine limitent l’accès à la betterave sucrière.

L’industrie sucrière au Canada est une industrie à forte intensité de capital à valeur ajoutée qui se fonde historiquement sur le raffinage de sucre de canne brut importé dans les ports importants. Ceci s’explique par le fait que le marché du sucre canadien est ouvert par rapport aux autres producteurs mondiaux. Ainsi, la production de sucre raffiné de betterave sucrière et de sucre de canne doit rester compétitive par rapport aux importations de sucre raffiné provenant des États-Unis, d’Europe et des autres pays.

La seule protection à notre disposition contre les distorsions du marché mondial est un tarif de 31 $ par tonne, ce qui équivaut à environ 5 % au cours mondial actuel. Cela représente un contraste flagrant avec les É.-U. et l’Union européenne qui ont des tarifs de l’ordre de 100 % ou plus. Globalement, le sucre est l’une des marchandises du commerce agricole les plus distordues. Elle se caractérise par un soutien national élargi ainsi que par des politiques qui faussent les échanges, comme des prix minimums garantis, des contrôles marketing, des quotas et des tarifs restrictifs ainsi que des subventions et des incitatifs à l’exportation. Les producteurs et raffineurs canadiens ne bénéficient d’aucune de ces politiques. Étant donné l’environnement commercial international très inégal, les exploitations sucrières canadiennes ont dû rationaliser en réponse aux pressions de la concurrence. Le réinvestissement dans les exploitations existantes a amélioré les rendements, mais les usines canadiennes sont encore sous-utilisées étant donné le manque de nouvelles opportunités du marché.

Le marché du sucre canadien est un marché établi et la consommation de sucre par habitant est en déclin. Les augmentations de la production reflètent des opportunités sporadiques, comme lors de pénuries de sucre survenant aux États-Unis qui sont provoquées par des événements météorologiques imprévus. À l’avenir, nous aurons besoin d’opportunités plus tangibles dans nos ententes commerciales. 

L’industrie sucrière canadienne fait partie intégrante de la chaîne de valeur de la transformation alimentaire au Canada. Notre industrie dépend des transformateurs alimentaires pour 80 % des ventes de sucre, et, ces mêmes transformateurs, dépendent à leur tour de l’approvisionnement local de haute qualité et d’un sucre ayant un prix compétitif. Le sucre raffiné du Canada représente une contribution d’environ 30 % de la transformation alimentaire au pays. Les industries faisant appel à des transformateurs représentent environ 18 milliards de dollars de revenus, 5 milliards de dollars d’exportation et 63 000 emplois.

Bien que le Canada continue d’être un lieu hautement compétitif pour les investissements ayant trait à la transformation alimentaire, la balance commerciale du Canada s’est détériorée. Les investissements orientés vers la transformation alimentaire sont en déclin au Canada et les importations de produits alimentaires ont augmenté plus rapidement que les exportations. L’industrie sucrière canadienne mesure son succès en analysant le volume et la valeur des échanges des produits alimentaires contenant du sucre. Depuis 2005, le surplus commercial du Canada relatif à ces produits est passé de 800 millions de dollars en 2005 à un déficit de 160 millions de dollars en 2014. Cette perte commerciale se traduit par un déclin d’environ 140 000 tonnes (11 %) sur le marché canadien du sucre et un déclin associé dans l’utilisation de la capacité de raffinage.

Notre priorité pour répondre à ces défis consiste à soutenir les initiatives du gouvernement canadien pour protéger des augmentations significatives des accès aux marchés d’exportation afin de diversifier nos marchés et améliorer notre compétitivité et notre capacité d’utilisation. Nous soutenons fortement un effort renouvelé pour nous réengager avec les autres membres de l’OMC en vue d’une nouvelle entente dans le domaine de l’agriculture. Une mesure globale en vue de la réduction des barrières d’accès au marché et des réductions du soutien national et aux exportations renforcerait fortement la position compétitive de l’industrie sucrière et de l’industrie agroalimentaire utilisatrice de sucre au Canada.

En l’absence de réformes multilatérales, des ententes de libre-échange commercial comme l’Accord économique et commercial global (AECG) sont cruciales, car la cible est un marché développé de haute valeur et l’ALE avantage l’intégralité de la chaîne de valeur. Cela comprend le sucre canadien, les produits contenant du sucre ainsi que d’autres produits alimentaires transformés, comme les confiseries, les céréales du petit-déjeuner, les mélanges à pâtisserie, les biscuits, les fruits traités, etc. Nous soutenons entièrement la mise en place en temps opportun de l’AECG, y compris les procédures d’exportation nécessaires pour assurer que notre industrie puisse tirer le plein avantage des améliorations négociées aux accès.

La priorité importante suivante est le Partenariat transpacifique. Il est crucial que le Canada ratifie cette entente historique, car les coûts engendrés par son exclusion retarderaient encore plus le pays en matière de commerce et d’investissements liés à la transformation des aliments. Alors que cette entente n’a pas encore résolu les distorsions commerciales internationales relatives au sucre, elle améliorerait de manière appréciable l’accès aux États-Unis et aux autres marchés. Pendant ce temps, avant la ratification, il reste encore beaucoup de travail pour analyser et encourager les opportunités d’exportation spécifiques au Japon et aux autres marchés du Partenariat transpacifique pour les secteurs des produits contenant du sucre et de la transformation des aliments.

Nous sommes encouragés par de nouveaux mandats gouvernementaux pour élaborer des plans de mise en place d’ententes commerciales et des stratégies ciblées pour promouvoir le commerce et les investissements. Des investissements et des exportations supplémentaires depuis le Canada amélioreront la capacité d’utilisation de nos raffineries de canne à sucre et de nos usines de traitement des betteraves sucrières, renforçant ainsi notre compétitivité et celle de nos clients de la production alimentaire au pays et dans les marchés d’exportation. 

Il est absolument essentiel que le Canada occupe une position de leader pour faire avancer et ratifier les initiatives de libéralisation commerciale, particulièrement dans les marchés à haute valeur ajoutée, comme l’Union européenne et la région du Partenariat transpacifique, où notre industrie et nos clients peuvent maximiser les synergies tout au long de la chaîne des valeurs.

Pour plus d’informations, veuillez communiquer avec :

Sandra Marsden, présidente de l'Institut canadien du sucre 
smarsden@sugar.ca

 

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L’industrie sucrière canadienne produit 1,2 million de tonnes de sucre raffiné annuellement et la valeur des expéditions représente plus d’un milliard de dollars. L’industrie du sucre contribue directement à l’économie canadienne grâce à ses investissements et les emplois générés dans les usines de sucre raffiné au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, le traitement de la betterave sucrière en Alberta et dans la fabrication de produits contenant du sucre en Ontario. La production de sucre raffiné axée sur les marchés mondiaux a grandement contribué au développement d’un secteur agroalimentaire florissant à valeur ajoutée — la deuxième plus importante industrie manufacturière du Canada. Le sucre canadien contribue de manière essentielle aux usines sucrières utilisant des transformateurs alimentaires au pays, ce qui représente environ plus de 18 milliards de dollars de ventes, un quart de toutes les ventes liées à la transformation alimentaire et 5 milliards de dollars d’exportation. L’Institut canadien du sucre est membre de l’Alliance canadienne du commerce agroalimentaire (ACCA) qui représente le secteur de l’agriculture axé sur les exportations et le secteur agroalimentaire.